Comme chaque année depuis 2001, les Entreprises du Médicament (Leem) procèdent à la présentation du bilan des avancées thérapeutiques. Ce bilan fait l’inventaire des avancées de l’année écoulée et établit une cartographie du progrès thérapeutique, à partir des ASMR attribuées par la Commission de la Transparence de la Haute Autorité de Santé (HAS). Il permet ainsi de faire ressortir les grandes tendances de l’innovation santé.
Que s’est-il passé en 2008 ? Où en est le progrès thérapeutique ?
En 2008, la courbe du progrès thérapeutique s’est infléchie et le nombre de nouveaux produits mis à la disposition des patients s’est tassé.
- 31 situations thérapeutiques ont bénéficié d’améliorations sensibles au cours de l’année 2008, contre 51 en 2007
Des progrès importants ont été réalisés dans trois domaines clés pour les patients,
- La lutte contre les cancers est restée une priorité majeure de recherche,
- La lutte contre les maladies infectieuses est revenue au premier plan,
- La lutte contre les maladies rares n’a pas faibli.
Comment interpréter ce tassement de l’innovation ?
Si on se livre à une interprétation de ce bilan, on peut formuler, au vu de ce tassement, les deux hypothèses suivantes :
Première hypothèse : la recherche s'est ralentie.
Deuxième hypothèse : la sévérité des autorités réglementaires françaises s'est accrue.
A ce stade, la piste du ralentissement de la recherche ne peut pas être retenue : ce sont vraisemblablement les autorités réglementaires françaises qui ont durci leurs conditions. Avec une conséquence évidente : le progrès thérapeutique n'est pas suffisamment valorisé en France
La juste place du médicament dans le progrès thérapeutique
Notre feuille de route pour les années à venir est claire : les Entreprises du Médicament doivent poursuivre cette dynamique et mettre à disposition des patients les molécules issues des quelques 2910 produits en développement clinique en 2009, dont 557 produits en phase 3 et 211 produits en pré-enregistrement.
Poursuivre la dynamique du progrès thérapeutique est une priorité
Nos 5 propositions
1 - Faire de l’épidémiologie un fondement de la politique française en faveur de l’innovation médicale
2- Favoriser la recherche clinique de phase précoce, dans les domaines d’excellence français s’inscrivant en cohérence avec les domaines thérapeutiques identifiés par l’Initiative Médicaments Innovants (IMI)
3- Accélérer l’émergence des infrastructures hôpitaux-CIC-plateaux techniques, lieux de la recherche biomédicale
4- Mettre l’accent sur le maintien de la chaîne de bioproduction en France
5- Valoriser les résultats de la recherche publique
Dans ce contexte, la proposition de l’industrie pharmaceutique de tenir un Conseil Stratégique des Industries de Santé (CSIS), centré sur le développement et les synergies de la recherche publique et privée, notamment dans les biotechnologies doit être regardée comme une initiative structurante en terme d’emploi, de connaissance, de production et de balance commerciale.
Faire de notre pays une des grandes nations de demain dans les sciences du vivant est un objectif stratégique pour notre économie compte tenu de l’intensification de laconcurrence internationale , mais il s’agit également d’un investissement stratégique pour notre indépendance sanitaire.
Conférence de presse du 17 juin 2010 [+]