La France est un des pays où les médicaments pour les maladies bénignes sont les moins accessibles directement par les patients, à la différence d’autres grands pays développés.
L’automédication y est moindre que dans les pays voisins. Le débat a été différé jusqu’ici par des malentendus sur les conséquences que cela pourrait avoir sur la mission des pharmaciens, le bon usage des médicaments et sur la santé publique.
La réflexion demandée par le Ministre de la Santé à MM. Coulomb et Baumelou a le mérite d’éclaircir ces problèmes et de faire émerger des pistes de progrès qui permettraient aux patients d’acheter directement ces médicaments courants, sous le contrôle des pharmaciens, dans le cadre d’une responsabilisation personnelle qu’il faut encourager et accompagner.
Les Entreprises du Médicament notent, avec intérêt, qu’un consensus existe pour considérer que le développement de l’automédication en France n’a pas pour objectif de se substituer aux mécanismes de prise en charge des médicaments par l’Assurance Maladie et qu’il ne s’agit en aucun cas de diminuer par cette voie l’accessibilité aux soins des patients socialement défavorisés. Elles considèrent important que soit rappelé le fait que « les spécialités d’automédication bénéficient de la même évaluation et de la même garantie » que celles prescrites, car il n’existe qu’une seule catégorie de médicament.
L’expérimentation proposée permettra d’y voir plus clair quant aux précautions à prendre et aux modes d’information souhaitables ; elle doit permettre aussi de travailler avec les associations de patients et de consommateurs pour trouver des solutions qui répondent aux attentes justifiées sur les conditions d’offres et la mise en place de ces médicaments. Les exigences de santé publique doivent, bien évidemment, rester prioritaires dans ce domaine.
Les 15 propositions faites par les industriels aux rapporteurs ont porté sur les dispositions pratiques de l’accès à ces médicaments dans les officines, les nécessaires améliorations des facilités de communication sur les produits et l’encouragement au développement de médicaments adaptés à l’automédication.
Les Entreprises du Médicament apporteront tout leur concours à ces expérimentations et dans le suivi du rapport. Le travail d’étude doit se poursuivre de façon sérieuse et pratique, en tenant compte des appréhensions et des objections exprimées. Il est utile pour tous que puisse voir le jour, enfin, une démarche réelle d’automédication contribuant à la qualité de vie des français, sur les questions de santé courante. L’automédication doit être développée, dès lors qu’elle se fait de façon responsable et sous le contrôle des professionnels et des autorités de santé. Elle n’a de sens qu’en complément de l’apport fondamental du système de santé. En tant que premier acteur du progrès thérapeutique, les Entreprises du Médicament, appuieront ces ouvertures.
Conférence de presse du 17 juin 2010 [+]